challenge artistique

 

Pourquoi je n’arrive pas à aller au bout de mes projets ? Pourquoi je commence des créations mais ne les termine jamais ? Pourquoi par moments je suis ultra motivée pour créer plein de choses et au bout de quelques jours je me décourage et j’abandonne ? Et pourquoi je me plains si je n’ai même pas assez de discipline pour me tenir à ce que je décide de faire ? Pourquoi j’achète tous ces programmes en ligne et ne les termine jamais ? 

Toutes ces questions je me les pose parfois, surtout quand je suis au plus bas, que je n’ai pas le moral. Dans ces moments je m’afflige encore plus, je me culpabilise, en me disant que je devrais juste me bouger pour aller mieux. Plus je pense de cette manière et plus c’est difficile de sortir de cet état où rien n’est produit, où je ne sors même pas mon matériel pour voir si quelque chose pourrait en sortir.

Dans ces moments je préfère tout faire sauf ce qui est vraiment important au fond de moi. Je trouve d’autres choses plus “faciles” et accessibles, comme aller faire une course, regarder une vidéo (ou plusieurs), aller scroller sur les réseaux sociaux, ce qui souvent me fait me sentir encore plus mal car j’y vois des gens qui créent, qui s’épanouissent, qui peignent des toiles, lancent de nouveaux projets. Et quand je les vois je me compare à eux, sans penser qu’ils étaient peut-être dans le même état que moi la semaine précédente, mais n’en ont simplement pas parlé. Car on préfère tous partager les moments positifs, les moments créatifs avec les autres, et personne n’a envie d’étaler ses questionnements et son mal-être sur la toile.

Et si aujourd’hui on brisait le tabou et qu’on parlait réellement de toutes ces pensées négatives qui nous plombent et nous empêchent d’avancer pendant des jours, des semaines, des mois, parfois même des années ? Tous ces non-dits qui nous maintiennent bloqués dans nos peurs, nos incertitudes, nos insécurités ? Et si on en parlait ouvertement pour dédramatiser, normaliser et savoir que nous ne sommes pas seuls dans ces blocages ? Qu’il ne s’agit pas d’une fatalité mais de cycles normaux et avec lesquels on peut surfer librement ? 

On me demande souvent : Comment fais-tu pour avoir toutes ces idées ? Etre toujours aussi créative depuis toutes ces années ? Comment procèdes-tu ? D’où te vient l’inspiration ? 

Et si je vous disais que je traverse régulièrement des moments de gros doutes et de paralysie ? Ces périodes où je suis tellement mal intérieurement que je ne me sens pas capable de créer quoique ce soit et où mon seul objectif est d’aller au bout de ma journée ? J’ai remarqué que plus je combats ces moments et plus c’est difficile d’en sortir. 

Pour cette raison, depuis environ 2 ans, j’ai décidé de ne plus combattre ces moments. S’il y a des périodes où je suis au plus bas, où je passe une semaine sans créer, c’est OK. Je ne suis obligée à rien après tout, même si c’est mon métier depuis bientôt 5 ans. Tout ira bien de toute façon. Et même lorsque les peurs arrivent, peur de ne plus produire, de ne plus gagner d’argent grâce à ma créativité, je me rappelle qu’en bientôt 5 ans à temps complet dans mon entreprise créative j’ai toujours réussi à en vivre malgré ces cycles. Il y a toujours eu des revenus, j’ai toujours réussi à payer toutes mes factures, épargner, avoir un toit pour moi et mes enfants, passer des moments de qualité avec eux, me sentir grandir et travailler sur des projets qui me plaisaient et me faisaient vibrer.

Et si on arrêtait de lutter ? Et si c’était OK de briser les promesses que l’on se fait à soi-même et de ne pas y arriver ? Et si c’était OK de laisser tout ça derrière nous ? D’accepter qu’on n’est pas toujours au top, que parfois on n’a aucune envie de dessiner ni de peindre ? Que parfois on a juste envie de passer plusieurs heures à pleurer ou à frapper dans un punching ball pour évacuer toutes ces énergies bloquées en nous ? (ou à chanter, jouer aux billes, danser, se balader, méditer…)

Que faire donc quand ça t’arrive de culpabiliser parce que tu n’as pas assez créé ? Que tu n’es pas allée au bout de cette création qui te faisait tant vibrer au début ? Que tu t’es encore inscrite à un cours sans jamais aller au bout de ce que tu voulais apprendre ? Que toutes ces toiles blanches te regardent et que tu préfères les laisser de côté pour passer du temps sur des créations plus “faciles” ?

 

1) Souviens-toi que tu n’es pas seule



J’ai des dizaines de pages dans mes carnets que j’ai commencées et que je n’ai jamais terminées. J’ai des dizaines de tuiles Zentangle que j’ai commencées avec beaucoup d’enthousiasme et qui n’ont jamais été terminées. J’ai une toile géante chez moi que j’ai démarrée il y a bientôt 3 ans à Bali et que je n’ai jamais terminée. Oui cette toile géante que je te montre ci-dessous et que je t’ai montrée parfois sur les réseaux n’est toujours pas terminée.

jijihook peinture toile inspiration

Voici une autre toile que j’ai démarrée avec beaucoup d’enthousiasme et qui ensuite est restée “bloquée” pendant 2 mois, pour au final me rendre compte que je la pensais bloquée alors que j’avais simplement terminé de dire ce que j’avais à dire sur cette toile et que je pouvais l’accepter.

toile jijihook artiste gisele tchinda

 

Je ne montre que ce que je termine sur les réseaux mais tu n’imagines pas tous les projets non finis que j’ai chez moi.
Je pourrais me flageller encore plus et me dire que je n’ai pas assuré et que je “devrais” les terminer. Mais c’est OK que ces projets/toiles ne soient jamais terminées. Chacun à leur manière, ces débuts de création m’ont apporté, m’ont fait avancer, et m’ont appris sur moi-même et sur mon cheminement.

 

2) Parmi ces projets au bout desquels tu n’es pas allée ou que tu repousses constamment, quel est le plus important pour toi ?

Une expo que tu rêves de faire mais que tu repousses depuis plusieurs années en trouvant toujours quelque chose d’autre à faire en priorité ? Remplir toutes les pages d’un carnet créatif (artjournal) avec tes propres envies et inspirations ? Créer sur des formats différents de ceux que tu explores habituellement ? Développer ton style artistique ? Développer une pratique régulière de la méthode Zentangle® pour ton bien-être ?

Qu’est-ce qui te fait vraiment rêver et vibrer ? Si tu savais que ça allait arriver et qu’il n’y avait aucune chance d’échouer, que déciderais-tu de faire pour toi ? Prends quelques minutes pour y penser et répondre à cette question.
Que serais-tu vraiment fière d’accomplir dans ta créativité avant la fin de cette année ? 

Mon rêve à moi est de créer chaque jour dans la couleur, des grandes toiles, des petites toiles, des toiles de taille moyenne, hyper colorées, de les exposer et les vendre à plus grande échelle (depuis que j’ai décidé de passer plus de temps à réaliser ce rêve de nouvelles portes s’ouvrent pour moi, comme par magie). Je rêve aussi de pouvoir partager ce processus avec le maximum de personnes, faire du bien aux gens par mes écrits, mes créations, mes contenus. Ce sont 2 rêves que je pensais opposés et que je n’ai jamais pensé pouvoir associer, mais aujourd’hui je réalise qu’ils sont totalement en accord l’un avec l’autre et sont même liés pour me sentir entière.

Voilà je t’ai partagé mon rêve. Quel est le tien ? Ecris-le en commentaire ci-dessous, partage-le avec le monde, cela le rendra plus concret et plus clair en toi.

 

3) Que peux-tu faire pour que ce rêve devienne réalité ?

Ici je te parle d’actions douces et alignées avec la personne que tu es. Ce n’est pas le moment de te mettre à nouveau la pression. La pression est une énergie qui bloque, crée des résistances et n’est jamais utile. Comment peux-tu donner du temps à ton rêve tout en gardant du temps pour le reste, les moments de ralentissement, les autres plaisirs, ta famille, tes enfants ? Car oui tu peux être une mère fabuleuse, présente ET une artiste productive. Tu peux être une épouse attentionnée, joyeuse ET une artiste productive. Tu peux être une employée exemplaire ET créer régulièrement. Tu peux être en dépression ET créer beaucoup. Tout cela est possible du moment que tu le fais en douceur, dans la fluidité et que tu acceptes aussi les moments de ralentissement où tu crées moins voire plus du tout. Car oui, parfois aussi nos créations ont besoin de temps pour arriver à maturité, tout comme certaines créations magnifiques et libres peuvent se faire en 10 minutes. 

Et si on arrêtait ce mode de pensée binaire qui nous fait tant de mal ? (bien/pas bien, réussi/raté, douée/pas douée, disciplinée/indisciplinée…) Et si on pouvait être une chose et son contraire chaque jour, chaque semaine, chaque mois ?

Comment peux-tu être toi-même, avec toutes tes facettes parfois contradictoires, et avancer quand même sur ton rêve ? Peux-tu créer à fond quand tu es dans cette énergie et t’autoriser ensuite à ne pas créer pendant 2 semaines ? Peux-tu suivre un cours en ligne, t’autoriser à faire le début et à le reprendre 1 an après ? (parfois je reprends des cours de développement personnel que j’avais totalement laissés de côté, au bout de 2 ans je m’y remets et je réalise que je m’y suis remise exactement au bon moment car je ne l’aurais pas assimilé de la même manière 2 ans avant, et cette fois je vais au bout). 

Peux-tu associer tout ce que tu es et surfer sur ces vagues ? 

Ca me rappelle quand je me suis préparée à accoucher naturellement de ma dernière fille avec la méthode Bonapace. Durant les cours de préparation la sage-femme me parlait souvent de cette analogie du surfeur et de la vague. Elle me disait que les contractions durant l’accouchement étaient comme une vague, qu’il ne faut surtout pas y résister ni essayer d’y échapper, sinon la vague nous met à plat et nous terrasse. Le surfeur doit utiliser la vague pour surfer et non l’éviter. Cette vision m’a permis de vivre mon plus bel accouchement, un accouchement que j’ai vécu en pleine conscience et dans l’ouverture, et une leçon de vie que j’ai gardée pour toujours.

Ne résistons pas à la vague, n’essayons pas de résister aux blocages, acceptons-les mais restons simplement concentrées sur notre rêve.

Si tu souhaites toi aussi rester concentrée sur ton rêve tout en acceptant qui tu es, en acceptant les hauts et les bas de ta vie, le challenge 100 œuvres en 100 jours est fait pour toi. Pas besoin de créer chaque jour, mais garder un objectif, une feuille de route, que tu es libre d’adapter au fil du temps et qui répond à tes propres objectifs et besoins.

Je t’invite à partager en commentaire ton rêve, connecte-toi à lui et fais-nous rêver avec toi. Cela élèvera notre vibration à toutes.

Cet article t’a plu ? Je t’invite à le partager partout autour de toi !

8 réflexions sur “ Pourquoi je n’arrive pas à aller au bout de mes projets ? ”

  1. Oui Gisèle, je suis tout à fait d’accord, accepter de ne pas aller bien c’est primordial, et pas que par rapport à la créativité. Maintenant, quand je ne me sens pas bien, c’est ok, j’accepte, je suis au fond du trou (ou pas loin), et à un moment je vais remonter, ça ne sert à rien de lutter. C’est assez apaisant finalement d’accepter d’aller mal un temps 🙂
    Et moi par exemple, la créativité, ce n’est pas mon gagne-pain, alors zéro stress ni culpabilité par rapport à ça. Par contre, la page blanche, le manque d’inspiration, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dessiner, oh là là trop belles les toiles de Jiji, ça oui 🙂

    1. oui totalement d’accord avec toi sur l’apaisement que cette acceptation peut procurer. Et non, comparer son travail à d’autres n’aide jamais, alors amuse-toi dans ta créativité et au plaisir de voir tes prochaines créations 🙂

  2. Oh oui Gisèle je me retrouve complètement dans ce que tu dis. J’ai tellement de chose en attente, entre des ateliers achetés mais pas commencés ou pas finis, des toiles commencées et qui prennent la poussière. En ce moment je n’ai toujours pas intégré « mon chez moi ». Et je m’aperçois que j’en ai besoin pour me sentir en harmonie avec ma création. Vivement début mi-décembre que je retrouve tout mon univers pour créer dans ma nouvelle demeure.
    En ce moment je fais beaucoup de petits formats de rosaces et de mandalas. Je me sens en sécurité dans ces formes rondes, cela m’apaise.
    Cela m’a fait du bien de te lire, de ne pas me sentir seule avec mes coups de cafards et mes démotivations. Merci pour tout

    1. Coucou Catherine, heureuse que tu trouves d’autres moyens de créer en attendant de tout récupérer, tellement hâte de voir tes toiles aussi ! Merci et à bientôt

  3. Merci Gisèle pour tes mots, effectivement je me sens moins seule 😉
    Je réfléchis à 10x avant d’acheter une formation en ligne. Actuellement je suis dans une période de « survie » trop de charge mentale pour subvenir aux besoins quotidiens donc mon esprit n’a pas de place pour la créativité en tous les cas moins. Et c’est pour tout, j’ai découvert le dessin avec toi en autre mais ma principale créativité est l’écriture et c’est la page blanche.
    Ou alors j’ai 10 idées par jour et j’ai du mal à choisir et au final je ne fais rien 😉

    Bref

    Merci pour tout ce que tu es et nous offres de part ton art et tes réflexions.
    Belle continuation

    1. Merci Laurence pour ce partage et ce commentaire. Il m’est arrivé de faire face à ces périodes de « survie », et l’expérience m’a toujours montré qu’en me donnant l’espace de créer même dans ces moments, les solutions arrivaient beaucoup plus facilement dans tous les autres domaines de ma vie. Alors je ne peux que t’encourager à faire un petit pas créatif chaque jour pour fluidifier tout le reste. A bientôt !

  4. Superbe réflexion ici. Pour ma part, j’ai lâché prise. La pandémie m’a permi d’arrêter de me mettre des obligations. Je n’ai plus de formations à donner ou à recevoir, plus de challenges. Cela m’aura pris tout ce temps à accepter que je passe à autre chose. Aurais-je gâché mon plaisir en le monayant ? Je laisse la faim de créér revenir, j’ai tout mon temps. J’ai fait de la peinture à numéro, du cahier à colorier, j’ai vidé mon atelier, vendu, donné mon matériel.
    Je ne suis pas triste, je ne me sens pas coupable, je n’ai pas honte. Je suis bien, je suis libérée. J’ai plein d’espace intérieur disponible qui papillonne.

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